"voir de ses propres yeux" [to see it with your own eyes] (Ver con mis propios ojos) |mit seinen eigenen Augen sehen| {Veja os próprios olhos} katso niiden omin silmin


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[Voir de ses propres yeux] [to see it with your own eyes] (Ver con mis propios ojos) |mit seinen eigenen Augen sehen| {Veja os próprios olhos} katso niiden omin silmin



PORTE dans l’œil, la précipitation des couleurs, à peu près, au centre. Et tous les signes, la mise en œuvre des perspectives, l’exaltation des lignes, des segments, des points même. Y a-t-il un calque opaque sur tout ce qui dit à peu près la vérité ? La vérité. Tiens, tiens. Ou, la vérité bien sûr, ça saute aux yeux.
Les spectateurs scrutent la mise en scène émue d’objets hétéroclites. On dirait l’image essentielle d’un festin. Ils sont douze à le proclamer, à épeler les symptômes. Non, ils ne voient pas la même chose, pourtant l’acte est identique. Le maître lance les sommations d’usage, etc. Regarde ! Regarde ! Un discours quasi pornographique, sans le clin d’œil, ni la façon extraordinaire de dégrafer son gilet.
Il y a une pelouse. Cette pelouse correspond à un tableau américain. Vois-tu ce que je veux dire ? La pelouse est de la texture d’une miniature médiévale, palissade de coudriers entrelacés, cochons fouinant. Les as-tu vus. De Vienne à Amsterdam. Elle est de la couleur, cette pelouse, d’un vaste champ de riz brouillé par la mousson. De la texture, la couleur, cette pelouse, du fin fond de ces yeux rares. Tel un semis d’arbres pointus verts, mais verts, par hasard égarés sur le sable.
Sans qualité, sans qualité, nous demeurons. Hébétés. Absurdes. A l’évidence, aveugles. Hommes tâtonnant dans la cave exiguë des mots. Epuisés par les aboiements de ceux qui voient et qui savent, avides et parfaits, aboyant de leurs mâchoires rigides, les oreilles aux lobes démesurés à l’affût des cris.

BALANÇOIRE rester coi. Demeurer l’immobile spectateur. Le tombeau en quelque sorte. Imaginer le cadre, le socle et le territoire, la tentative d’encerclement. L’œil conçoit un stratagème. Repère. Quadrillage. Diagramme. A l’extérieur, de l’extérieur, dans la pénombre, rester immobile. Les spectateurs produisent les mêmes furtifs frôlements que les fouines sur les layons de feuilles pourrissantes. Des frôlements et des quintes de toux. Des écoulements de salive. En demeurant l’immobile, le spectateur. Le tombeau en quelque sorte. L’écoulement des saints. L’odeur mêlée d’âcre, de térébenthine. Et la peinture n’est déjà plus qu’un repère de points bandits. Imagine un seul instant, le saccage des toiles par le déferlement des gnous. Le bruit que ça fait. Les sabots déchirent les tissus aux éclats noirs, blancs sangs, ça vous prend les tripes. Sans stratagème.
La position est celle de : “ la reine dans la pénombre “, quadrillage, diagramme, le conciliabule aux assyriennes, des yeux si immenses de bleu pierre sans le code d’Hammourabi. Vous êtes des émotifs faibles au regard retenu, des spectateurs produisant les mêmes furtifs frôlements que les hiboux sur les feuillages de nuit. Le tombeau, bien sûr, la position de la reine, ou du charlatan, au bout de sa salive, pour ovationner les héros au centre géométrique du tableau, avec cette odeur d’âcre mêlée de térébenthine.



MIRADOR et de haut, à la mesure de l’échelle. Il y a la faculté de contempler, guetter, dévisager même, muni des instruments adéquats, lentilles et projecteurs. En bas, cela semble tranché. De haut, les contours deviennent flous, à la hussarde. De haut, la potence ivoire de l’Himalaya dessine les rives échevelées du chiffon Gange. De haut, de loin, la cohorte des bestioles n’est ni fragile, ni démesurée. Elle existe. C’est la chaîne des mitochondries et des amibes, des synapses et des bosons pour le transport des invisibles. De haut, à la mesure de l’échelle.



ALLÉE il y a la litanie des enthousiasmes pour apprécier en transe le discours aux visions. Il y a l’imperfection des attitudes, debout, assis, couché, pour décupler les points de vue, le regard sans cesse dilué dans la mémoire dessiccative. Alors, tournons-nous vers l’intérieur, à 180°. L’œil pétrifié. Examinons les rides. Les rides, à la lisière des cils, les rides qui dévoilent l’aptitude au sommeil. Assurément, l’œil est froid ou brûlant pour les rêves, une sorte d’état second, permanent jusqu’à la mort.

BORNE c’est une trame magnifique, cette fiction filamenteuse au fond de l’œil qui charrie les tragiques, les obscures, les enthousiastes, les heureuses, si corrompue, si fragile, si émerveillée, si lumineuse, si lumineuse, qu’on en oublie l’obscurité.

samuel atmen pour dimossios ergasia            
20.12.2004            
enniskillen irlande            

élisabeth errigal pour dimossios ergasia in Petites cérémonies mai 2004 DUNGLOW Irlande            





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