"courir à perdre haleine" {to ran as fast as my legs could carry me} (laufen das mir die Luft wegbleibt) |correr como un descosido|


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[Courir à perdre haleine] [to run as fast as your legs can carry you]
(correr como un descosido) |rennen das mir die Luft wegbleibt|



Porte : Les hommes atteignent la vitesse par le balancement des membres. Et quand la pente barre la fiction de la course, la salive manque et les dents s’entrechoquent. Ralentis par la rugosité des sols et la viscosité des bitumes, ils gémissent en se tenant le ventre et passent leur temps à haleter comme s’ils voulaient épuiser la voie vive du stade. Les hommes, debout. Les femmes, assises entre leurs jambes, guerrières et tentaculaires, hèlent les adolescents aux muscles collines. Ils ont la peau décorative, tendue sous leurs shorts, et les débardeurs, tendus eux aussi. Des athlètes de sueur aigre annoncent au micro la blessure de leurs exploits. Ils tombent à la renverse sur les startings blocks et les chronomètres. Le vent puise dans les poumons le sel et la victoire.

allée : Le phénomène vaut pour les quidams autant que pour les héros. Les muscles, paralysés, franchissent le cycle du sang. La position est humaine. Un peu décalée. On hausse les épaules pour dire qu’on n’y croit pas. Courir plus vite que les autres. Dépasser le nabot. Sectionner le tendon et briser les ligaments. L’asthme gagne les bronchioles. Le regard peut à peine suivre la femme qui saute les haies. La panique étripe le fuyard des catastrophes. Les bâtiments s’effondrent de biais. Juste le temps de dévaler l’escalier sans la rambarde. Ni les paliers. Juste le temps de sentir l’eau lécher le dos et de happer les jambes, alors que la vague reflue. Juste le temps de ligaturer les veines avant que le sang n’abandonne le cœur.

Borne : L’écriture se retire doucement à voix basse sur la table, contaminée par les fièvres. La maladie poursuit la thyroïde : de l’iode habitée. Il y a un arc en ciel dans l’œil. La lumière blanche niche sur le chemin qui mène au chronomètre. Courir, la nuit, vers le centre de la forêt. Les ronces déchirent pantalons et pardessus. Il y a des cris étouffés quand on ne va vers nulle part. Sauf chez l’animal qui retient sa hargne. Un écho microscopique s’incruste dans les bronches. C’est : le fameux silence du coureur.

enclos : Ce sont des critères mélancoliques pour les hommes qui s’éloignent, pressés de leur tâche amoureuse. La trace du souffle demeure dans la bouche de l’autre. Sur la langue : un cordon méticuleux de phrases prononcées à tors et à travers durant la bagarre. La chasse commence par des invectives. Quand les mots ont cessé d’être innocents, les poings s’agitent dans le vide pour toréer la mort et les humeurs s’agitent.

Balançoire : Marcher. Hésiter. S’arrêter. Marcher. S’arrêter. Courir. Tomber à la renverse. Se relever. Mourir. Revenir à la vie. Fuir. Le monde s’accentue en quittant les équateurs. La sueur se fraie un chemin entre les plis et les poils. Tomber. Se relever. S’agenouiller. Sauter. Hésiter. Marcher. S’écrouler. S’accroupir. Et vers les tropiques, l’agitation ébranle tous les membres. Culbuter. Courir. S’accroupir. Foncer. Freiner. Foncer. Freiner. La léthargie des gestes saisit les Pôles. La séquence du froid et des veines ralentit, puis s’épuise.

mirador : La conquête. Des hommes s’avancent. Ils visitent des baies, des presqu’îles et des criques. Ils ont de petits bateaux maniables. Ils débarquent des chevaux et des fantassins. Devant eux, la plage, géographie essentielle et plane. Et plus loin, la syntaxe complexe de la jungle. Depuis combien de jours n’ont-ils senti le sol sûr et immobile ? Les premiers trébuchent au contact du sable. Puis ils se précipitent dans tous les sens et courent en fou vers la forêt.

Porte : Il y a un saxophone qui simule le déhanchement et la crise de nerf. L’homme inspire de l’air neutre. Puis il en ressort comme un cratère de sons.

allée : A vrai dire, la plante des pieds et les orteils effleurent à peine le sol quand le métronome s’affole et que le danseur aborde les roulés-boulés.

Borne : Au cent dixième kilomètre, le lac apparaît. C’est un lac de montagne translucide et mélancolique. Les coureurs forcent le pas.

enclos : Les jeunes filles étendent les bras et frôlent en hurlant le précipice.

Balançoire : Courir. S’accroupir. Foncer. Freiner. Foncer.

mirador : De loin, on dirait des fourmis.

Balançoire : Courir. Rire.


samuel atmen
pour
dimossios ergasia
in
porte, allée, borne, enclos, balançoire
4 mai 2006
craggykerrivan
irlande




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"Courir à perdre haleine" & 21 juin 2007 & Strasbourg & Musée Pasteur – Hôpital civil & Stade de la Meinau
& MAMC & Aurore Gruel & chorégraphe & Louis Michel Marion & contrebasse & Bérénice Hagmeyer, …, course






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EXPOSITION : Public screen & Biennale 1 & Thessalonique – Grèce – septembre 2007